Histoire du Moulin de Maisons

Moulin- pivot, sans tourelle, avec des ailes à toiles,  datant du XVIIIème siècle, est situé à une altitude de 104 mètres, l’un des points culminants de la Beauce, entre Sainville et Maisons. Il figurait déjà sur la carte de Cassini établie en 1757. Il fut victime d’un incendie lors d’un violent orage, vers 1880. Puis, en 1881, il a été abattu par grand vent et reconstruit, muni alors du rouet d’un ancien moulin de Montmartre, Ses derniers meuniers furent Aimable Ferron, tué à la guerre en 1940, puis Albert-Georges Ferron qui lui succéda, et ce jusqu’en 1944, date à laquelle le moulin s’arrêta alors de moudre. En 1959, Il est acheté et restauré par la famille Bompois. Claire et Noël Bompois ont réparé, huilé, carbonylé le moulin. Leurs quatre filles ont grandi autour du moulin dont Claire et Noël Bompois ont fait le symbole de leurs rêves, de leurs espoirs et de leur chaleureuse humanité.  Il put à nouveau refaire de la farine. En 1984, la famille Bompois fit tourner les ailes du moulin à l’occasion d’une fête annuelle. La meule en pierre a broyé les grains de blés. La belle farine recueillie a été mise en petits sacs de toile, distribués gracieusement aux visiteurs.

« Le moulin est un navire sur l’océan des blés
dont le meunier est seul maître à bord »

L’ensemble du moulin repose sur un pivot en bois (appelé bourdon, en Beauce), forte poutre verticale en chêne, qui repose sur deux madriers assemblés en croix, la sole, par l’intermédiaire de liens obliques. Le poids est ainsi appliqué aux extrémités des madriers.

Ce fameux bourdon supporte une cage pivotante, abritant le mécanisme et les meules. La cage s’oriente face au vent grâce à la queue, très longue pour une manœuvre plus aisée. L’escalier est toujours placé face à l’entrée, reposant en partie sur la queue. Tous les moulins pivot ont deux étages. Le premier étage, la bluterie, est l’étage de réception de la farine. Le second étage abrite les meules et le mécanisme.

Entouré d’un charmant enclos arboré de 2000 m2 planté de cerisiers, se trouvent une ancienne mare devenue une aire sablée, une vieille pompe à eau traditionnelle ainsi qu’une petite roulotte. L’intérieur du moulin est constitué de 2 niveaux : le premier, aménagé sobrement en pièce à vivre, le deuxième, la salle des machines.

Moulin de Maisons OLYMPUS DIGITAL CAMERA[/caption]

Le moulin du Mont, « c’est l’âme du village de Maisons »

Extrait de « Sur mon chemin j’ai rencontré »
de Claire Bompois
 
Le Moulin, nous l’avons découvert le lundi de Pentecôte 1959, sur la D17 d’Eure et Loir.
 
Il dressait sa carcasse de bois dans l’immense plaine beauceronne, au demeurant plus épouvantail à moineaux que bâtisse habitable : seulement deux façades sur quatre, un seul axe d’ailes, le moignon d’un autre, un plancher à claire-voie, plus d’escalier d’accès.
 
A la force des poignets, Noël s’est hissé à l’intérieur.
 
Les poutres ont l’air en bon état et la machinerie complète.
 
C’est alors le petit choc. Et si nous l’achetions ? Le petit choc est devenu un grand choc pendant la semaine… Dès le samedi suivant, nous de retour sur le site, accompagnés de Christine (4 ans) et Michelle (9 mois).
 
De mauvaise grâce, la tenancière de l’unique café-épicerie du village nous donne le nom des propriétaires : Robert et Sylvaine, meuniers eux-mêmes à Ouarville.
 
Nous y allons.
 
D’emblée, l’entretien est sympathique. Les filles jouèrent-elles un rôle de séduction ? Leur avons-nous plu ces braves beaucerons, au parler chantant et imagé ? Toujours est-il qu’après une longue palabre truffée de détails sur les moulins, le leur et celui que nous convoitons – il appartenait à ce pauvre Aimable, mort en 40, pendant le drôle de guerre : – l’affaire est conclue.
Sylvaine, toute en maigreur et en sourires, s’assure pour la énième fois que nous n’envisageons pas d’un faire une guinguette :
– Y en a qui avions eu c’t’idée, une fois, alors on a refusé ! Pensez donc, une guinguette du moulin à Aimable !
 
Le prix est arrêté : 200 000 Francs (anciens) et rendez-vous pris avec le notaire pour quinze jours plus tard. Deux cent mille francs, c’est donné, mais nous ne les avions pas… Nous gratterons les fonds de tiroirs et recevrons, heureusement, quelques droits d’auteur.
 
Ainsi, nous voici propriétaires. La bâtisse est peu reluisante et le terrain une vraie jungle, mais la belle affaire, en vérité ! De l’huile de coude et une clôture, on y verra déjà plus clair.
 
L’agriculteur du champ voisin est furieux : Si j’avions su qu’il soit achetable, ce moulin, que j’te l’aurais acquis, moi, mais pour le brûler ; je n’aurais plus à l’contourner pour travailler mon champ !
 
Ouf ! avec une telle mentalité, il a eu chaud le moulin. Nous n’y connaissons pas grand’chose en molinologie, mais du moins l’aimons-nous déjà, ce fier bâtiment du 16ième siècle, et nous nous sentons prêts à lui redonner rapidement vitalité et beauté.
 
A l’ouvrage !
 

Contribuez à la restauration du Moulin à vent de Maisons

À l’image de l’homme, un moulin naît, vit, et malheureusement finit par mourir un jour. Comme l’homme, il n’échappe pas aux maladies (intempéries, foudre, incendies, …), et régulièrement, il doit être soigné, bichonné, afin qu’il continue à fonctionner, et qu’il perpétue, ce qui est sa nouvelle mission, à transmettre aux nouvelles générations, ce qui reste des traditions et du folklore beauceron. »

Grâce à vos dons, puisse le Moulin de Maisons retrouver ses ailes et recevoir tous les soins qui lui permettront de vivre encore longtemps !